Par solidarité de blogueuse, puisqu'à l'évidence on peut être embastillé
pour avoir exposé ses idées sur la blogosphère, j'ai acheté et lu le
récit de mémoires de Waleed Al-Husseini publié chez Grasset. Âgé aujourd'hui de seulement 26 ans, Waleed Al-Husseini est réfugié politique en France depuis 2 ans.
Les prisons d'Allah est sa biographie et le récit de son parcours de
libre-penseur en Cisjordanie où il est né et où réside sa famille de
commerçants-artisans issus de la classe moyenne. Athée depuis l'âge de
14 ans, et blogueur affichant son athéisme depuis l'âge de 17 ans, Walid
Al-Husseini est arrêté, torturé et détenu pendant 10 mois dans les
geôles de l'Autorité Palestinienne, libéré sous caution puis en fuite en
Jordanie qui a des accords d'extradition avec la Palestine, et ensuite
en France (son arrivée à Paris avec un double sentiment d'effroi et
d'émerveillement) qui n'était pas son premier choix car il ne parlait
pas français. Il voulait aller au Canada anglophone, mais c'est la
France qui lui a accordé l'asile la première. Bien que la laïcité soit
inscrite dans sa Constitution, sans doute pour complaire à l'Europe, sa principale financeuse,
en réalité, l'Etat Palestinien est confessionnel et ne tolère pas les
contestataires de l'Islam. Ce livre, dont je recommande chaleureusement
la lecture, bien écrit et bien traduit, est enthousiasmant et frais,
comme les idées exprimées par ce libre-penseur qui ne veut que la Raison
pour inspirer sa vie. C'est un défenseur de la laïcité et des idées des
Lumières. Il parle aussi très bien de la situation des femmes dans son
pays et, plus généralement, en terre d'Islam, femmes sous tutelle, qui
ne peuvent pas non plus choisir leur destin. Ils aborde notamment les
cas de mariages forcés précoces.
J'avais écrit ici même un billet sur le hors-série Charlie Hebdo La laïcité, c'est par où ? Cette laïcité, concept tellement français, notre invention républicaine que les autres ont du mal à comprendre, est menacée par le retour du religieux et le relativisme culturel, ce racisme doucereux qui ne dit pas son nom.
La laïcité est la garantie par la République, qui ne reconnaît elle-même aucun culte, qu'on peut pratiquer sa religion ou croyance dans la sphère intime ; en contrepartie, la République refuse tout affichage dans l'espace public, ou au moins dans ses administrations publiques. Citation de Cynthia Fleury sur le plateau de C dans l'air, récemment. Aucun état avec loi religieuse inscrite dans sa constitution ne vous garantit une telle
liberté : les religions sont par définition toutes clivantes, convaincues de détenir la vérité absolue, elles considèrent que les autres religions concurrentes sont blasphématoires envers elles.
J'avais écrit ici même un billet sur le hors-série Charlie Hebdo La laïcité, c'est par où ? Cette laïcité, concept tellement français, notre invention républicaine que les autres ont du mal à comprendre, est menacée par le retour du religieux et le relativisme culturel, ce racisme doucereux qui ne dit pas son nom.
La laïcité est la garantie par la République, qui ne reconnaît elle-même aucun culte, qu'on peut pratiquer sa religion ou croyance dans la sphère intime ; en contrepartie, la République refuse tout affichage dans l'espace public, ou au moins dans ses administrations publiques. Citation de Cynthia Fleury sur le plateau de C dans l'air, récemment. Aucun état avec loi religieuse inscrite dans sa constitution ne vous garantit une telle
liberté : les religions sont par définition toutes clivantes, convaincues de détenir la vérité absolue, elles considèrent que les autres religions concurrentes sont blasphématoires envers elles.
Le blasphème n'est pas mentionné dans la loi en France, il n'est donc pas un délit. Vous pouvez remplacer le bicorne de Napoléon par un canotier, ou faire des moustaches à la Joconde, écrire dessous L H O O Q (déjà fait, donc net manque d'originalité), vous pouvez enlever le pagne du Christ en croix et le remplacer par un kilt, et mettre un chapeau haut de forme à Allah, ce n'est pas illégal. Ce qui est un délit en revanche, et relevant du Code Pénal, c'est attaquer une personne sur sa croyance ou ses origines supposées religieuses ou ethniques. Ceux et celles qui ne font pas le distinguo entre les idées et les personnes, entre la satire et le racisme-incitation à la haine, entre des personnes humaines vivantes et les personnages historiques ou fantasmatiques ont juste besoin de cours d'instruction civique : ce n'est pas du tout la même chose. "La laïcité c'est la fraternité/sororité anonyme. Le retour du religieux est un échec de fraternité".
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